Mâcon-Fuissé

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Région

Mâconnais

Cépage

CHARDONNAY

Situation

Cette cuvée est composée de 2 parcelles qui résument à elles seules la diversité des sols de Fuissé. L'une est présente sur les sols acides de l'ère primaire, la seconde, regardant l'Est, est enclavée au milieu des Pouilly-Fuissé les plus charpentés.

Âge des vignes

30 ans pour l'une, 20 ans pour l'autre.

Sol

La première en pente douce, se situe sur les roches issues de grès volcano-sédimentaires; la seconde, sur la partie exposée Est de l'amphithéâtre de Fuissé, est en haut de la langue d'argile résiduelle à chailles, juste au-dessus du lieu-dit « Les Perrières ».

Vinification

Les fermentations et l'élevage ont lieu en cuve inox intégralement sur lies totales tout d'abord puis lies fines. Mise en bouteille le 19 août 2020.

Dégustation

Le nez complexe, réducteur, avec des notes d'acacia, et de verveine. L'attaque est savoureuse, la bouche continue et harmonieuse, et la finale moelleuse et persistante.

Accords mets-vin

Il s'accordera avec des poissons tel, la truite, de la raie, du flétan.
Cependant il sera également le compagnon idéal des apéritifs entre amis.

Le Millésime

Bien avant le flot de douceur qui s'étendit dès janvier, bien avant la mi-février (mois au cours duquel le mercure culmina à plus de 20°C), bien avant la sortie aux premiers jours de janvier du roman Sérotonine : peut-être aurions-nous dû comprendre plus vite... Car cet évènement littéraire annonçait la thématique du millésime : récalcitrant, agaçant. Tel Michel Houellebecq, rien ni personne n'a su dompter la force de la nature en 2019. Mais, contrairement à celles de 2018, les réserves en eaux à la sortie de l'hiver étaient bien maigres et la campagne végétative débuta déjà en déficit hydrique.
Après la sinistre douceur de l'hiver arriva la douloureuse fraîcheur printanière. En avril, Notre Drame fut le gel...mais pas que. Les rares brûlots frémissants tentèrent vainement de protéger les bourgeons des vignes non loin de la Romanin...peine perdue. Grâce à Dieu, les pentes furent épargnées.
Tout comme avril, les températures en mai furent en dessous des normales saisonnières. L'avance capitalisée avec les beaux jours fondit comme neige au soleil. La vigne végéta, la fleur se fit attendre. Fin mai, c'est un retard de treize jours que nous comptions si nous nous référions à l'année écoulée.
Début juin, les premières fleurs apportèrent avec elles de belles promesses. Les grappes dénombrées étaient presque abondantes.... Mais ces espoirs furent vite balayés : le millerandage était la règle, sur Fuissé tout au moins. Un vent impétueux sévit sur l'amphithéâtre, compromettant en partie la générosité de nos grappes, laissant même par endroit les apex noircis, fouettés... Nous n'avions toutefois pas tout vu, pas encore vu la une du Times avec Antonio Guterres, secrétaire des Nations Unies, en costume, les pieds dans la mer avec pour légende « Notre planète est en train de sombrer », pas encore vu non plus la fermeture des écoles fin juin, résultat d'une canicule précoce inédite....Mais tout n'était pas perdu. Le mois de juin apporta aussi des pluies, plus abondantes que la moyenne décennale. Il fallait y voir un signe d'espoir, un réconfort, les bras de Jacinda Ardern.
Juillet se poursuivit finalement sans surprise, tant ces caractéristiques - chaud et sec - sont à présent redondantes. Le mildiou n'était donc pas à craindre dans ce millésime contrairement à l'oïdium, d'une agressivité fébrile.
La véraison s'enclencha malgré tout de façon assez homogène vers le 5 août. Quelques épisodes pluvieux nous apportèrent de l'eau et de l'espoir. Fin août, les grappes du Tournant de Pouilly ne faisaient pas plus de cinquante grammes, si fragiles dans notre main. Les pellicules étaient encore très fermes. Encore un dilemme. A nouveau, il nous faudrait attendre. Attendre, certes, que la maturité avance, attendre que les pellicules s'attendrissent, attendre que le goût du raisin se révèle.
Malgré notre situation méridionale, nous démarrâmes les vendanges le 10 septembre, sans trop d'avance sur nos confrères de la Côte d'Or et même de Chablis.
Les seaux peinèrent à se remplir, même si nous ne cessions de couper. Les moûts étaient cristallins et concentrés, certes pas chiches en sucre mais dotés d'acidités inattendues.
Le 23 septembre, les portes de notre cuverie se refermèrent sur notre modeste récolte... Ce même jour de l'autre côté de l'Atlantique, une jeune fille de seize ans prononça ces mots : « Le monde se réveille, et le changement arrive, que cela vous plaise ou non. »
Difficile de croire que cette année avait été proclamée année de la modération par l'ONU ! Ne nous faudrait-il pas sérieusement faire preuve de plus sobriété... environnementale ! Finalement, cette année fut encore une belle leçon.
Il n'est pas trop tard.

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