Tête de Cru
"Le Clos" ou "Clos de Jeanne"

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Région

Mâconnais

Appellation

Pouilly-Fuissé 1er Cru

Cépage

Chardonnay

Situation

Le « Clos de Jeanne » est une parcelle exposée Est, en pente douce, d'un seul tenant située entre la maison du Domaine Ferret et l'église du Village. Cette parcelle, la plus petite des Têtes de Cru et Hors Classe, a une surface de 0.69 hectares qui jouxte la maison du domaine.
Depuis le millésime 2020 et l'arrivée des Premiers Crus au sein de notre appellation, ce vin, situé au cœur du 1er Cru "Les Perrières", a vu son nom évoluer nous donnant aujourd'hui l'opportunité de rendre hommage à Madame Jeanne Ferret.
La parcelle est quant à elle toujours la même.

Âge des vignes

Presque 35 ans pour une moitié, quant à l'autre, elle a passé fièrement ses 50 ans.

Sol

Le sol limono-argileux profond non caillouteux est issu d'argiles résiduelles. On note la présence de bancs calcaires et marno-calcaires en profondeur.

Vinification

Fermentations et élevage ont lieu en fût dont 25% de fût neuf, 75% de fût de 1 à 3 vins pendant 10 mois. Puis l'élevage se termine en cuve inox toujours avec l'ensemble de leurs lies pendant encore 9 mois.
Mise en bouteille en avril 2024.

Dégustation

Vin de charme et gourmandise par excellence, le Clos de Jeanne reste fidèle à son terroir. Avec son nez intense et complexe, il n'est pour autant pas dénué de fraicheur avec ces notes de zeste et sa finale salivante.

Accords mets-vin

Poissons grillés ou pochés accompagnés d'une sauce crémeuse, homard, langouste, feuilleté d'escargots, poulet de Bresse sauce demi-deuil, et fromages à pâte molle.

Le Millésime

L'année 2022 a été plus chaude que la normale (1991-2020).

Aujourd'hui cette phrase ne suscite plus un naïf étonnement.
C'est plutôt le glaçant constat d'une récurrence crispante.

Même si 2021 bénéficia d'abondantes précipitations, celles-ci eurent lieu pendant la période végétative et non la période automnale. Aussi, le bilan hydrique à la sortie de l'hiver 2022 était déficitaire et cette période fut marquée par une relative douceur. Fin mars, les pliages se finirent dans la délicatesse, chacun d'entre nous courbant avec une douceur infinie et un soupçon de crainte les fragiles baguettes portant encore, sur la pente des premiers crus, les stigmates de l'épisode de grêle survenu le 21 juin 2021.

La vigne débourra dans les premiers jours d'avril. Les deux épisodes gélifs qui sévirent à ce moment n'eurent heureusement comme conséquence, dans le Sud du Mâconnais, que celle de ralentir temporairement la pousse de la vigne. Sans étonnement, les températures remontèrent fort rapidement, entrainant un développement soutenu de la végétation en mai et une floraison évidemment précoce dans d'excellentes conditions malgré des précipitations en recul.
La dynamique de chaleur extrême se poursuivit en juin occasionnant à la fin du mois de fortes pluies salvatrices mais aussi d'inévitables épisodes de grêle. Cette fois, c'est la commune de Vergisson qui subit les affres de la tempête. Fort heureusement, les dommages furent moindres qu'ils ne l'avaient été à Fuissé, une année auparavant. Malgré l'impraticabilité des sols, profitant d'un rayon de soleil et surtout de l'absence de vent, l'équipe dans son intégralité, faisant fi de l'adversité, partit atomiseur au dos, protéger une vigne qui ne demandait à présent qu'à pousser à un rythme effréné. Quelques épisodes pluvieux début juillet entretinrent le grossissement des baies conduisant à la fermeture de la grappe avec une avance significative tout comme la véraison qui nous laissa tâter les premières grumes souples dès le 9 juillet.
Si de fortes précipitations marquèrent le début de l'été, c'est pourtant le retour inlassable du soleil, du 4 juillet au 13 août, que l'on retint. Les crépuscules brûlants succédèrent aux aubes sans eau, laissant les vignerons dans le doute et l'inconfort quant à la récolte à venir...
Au 10 août, la dégustation de nos baies, conjuguée aux prévisions des semaines à venir nous encourageaient à envisager un début de vendanges au 17 août... c'est alors que retardataire et pingre, la pluie fit son apparition le 14 août et réitéra sa venue le 17. Nous décidâmes donc de différer de quelques jours les hostilités, capitalisant ce maigre butin.

Le 22 août, pour 10 jours, nos épinettes se mirent en œuvre. Certes le faciès de nos grappes et la dégustation de nos moûts n'étaient pas sans rappeler 2018 et 2020, mais ô combien plus complexe était notre tâche avec ce millésime. Toutefois cette année, la subtilité ne résidait pas dans la gestion de raisins meurtris. Il s'agissait cette fois de prendre à bras le corps cette problématique chronique énoncée en préambule qui sera sans doute celle des décennies à venir : pointer sans erreur cette fenêtre qui ne cesse de se rétrécir d'autant plus que l'on s'achemine vers le sud de la Bourgogne : celle de la vendange mûre sans excès. Intraitable, elle nous place de force devant nos responsabilités et l'impérative évolution de nos pratiques certes œnologiques mais plus encore viticoles.

C'est toutefois heureux et remplis d'espoir que nous vous présentons aujourd'hui ce millésime que nous avons cueilli à « juste maturité ». Heureux car sa saveur, son charme et son équilibre sont le juste accord dans ce millésime de grande hétérogénéité, rassérénés car la quantité loin d'être pléthorique rompt toutefois la tension induite par la petitesse de 2021 mais également remplis d'espoir car il introduit de nouvelles pratiques à la vigne qui ouvrent la porte vers plus de vertu mais sans communication opportune.

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