Tête de Cru
"Les Perrières"

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Région

Mâconnais

Appellation

Pouilly-Fuissé 1er Cru

Cépage

Chardonnay

Situation

Vignoble de 1.15 hectare au sud de l'amphithéâtre, les Perrières sont situées en mi- coteau juste au-dessus de la parcelle Le Clos. D'exposition Sud Sud-Est, la pente y est plus accentuée que dans cette dernière.

Âge des vignes

Plantée en 1972, 73 et 74, la vigne fêtera ses 50 printemps d'ici peu.

Sol

Sol limono-argileux profond non caillouteux issu d'argiles résiduelles. Bancs calcaires et marno-calcaires en profondeur. La partie la plus haute est fortement caillouteuse en surface.

Vinification

Les fermentations et l'élevage ont lieu en fût. 20% sont des fûts neufs, 80% des fûts de 1 à 3 vins. Soutirage en juin 2019. L'élevage se prolongea en cuve inox, toujours avec l'ensemble de leurs lies pendant encore 8 mois. Le 17 mars 2020, après avoir repris nos esprits et le chemin du cuvage, nous mîmes nos masques et les Perrières en bouteilles.

Dégustation

Un nez encore discret dévoile des arômes légèrement boisés et réducteurs mais aussi des zestes d'agrumes, citrus et de la pêche blanche. La bouche est florale, délicate et non dénuée de moelleux.

Le Millésime

Millésime 2018: la guerre des nerfs.
L'hiver 2018 débuta de façon bien morose : un temps très agité et pluvieux, des perturbations actives et fréquentes... C'est donc bien au regard de sa pluviométrie, culminant au rang des plus arrosés entre 1959 et 2018 en Bourgogne, que cet hiver restera dans nos mémoires laissant par endroits des sols saturés en eau... Les températures, exceptionnellement douces en janvier, n'eurent d'égales que la bise glaciale de février. En effet, la saison hivernale se termina par un pic de froid remarquable par son caractère tardif.
A cet hiver bien triste succéda un printemps dont les débuts rappelèrent davantage les premiers vers de Paul Verlaine "Il pleure dans mon cœur, comme il pleut sur la ville [....] Ô le chant de la pluie" que ceux de Victor Hugo "Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire ! Voici le printemps ! Mars, avril au doux sourire".
Malgré un mois de mars plutôt frais, un pic de chaleur précoce permit un débourrement dans la moyenne décennale autour du 15 avril. C'est par ailleurs à partir de ce jour que le temps doux et enfin sec nous autorisa enfin à effectuer, le 23 avril au matin, la plantation de notre petite parcelle de Tournant de Pouilly laissée au repos depuis plusieurs années. Les jours passèrent et ce fut avec joie que nous découvrîmes, après quelques années d'austérité, une sortie généreuse.
Le mois de mai, quant à lui, apporta de la douceur, conférant à la vigne une semaine d'avance sur la moyenne décennale, avance qui fut conservée jusqu'à la véraison au 20 juillet. Localement en mâconnais, le mois de mai apporta des précipitations assez remarquables dépassant par endroit les 100 mm... mais Fuissé ne faisait pas partie de ces villages laissant ainsi loin de nous le mildiou.
Bénis des dieux pour ce millésime, nous n'avons pas eu à craindre non plus les attaques de l'oïdium qui font pourtant frémir le Chardonnay, cépage particulièrement sensible. La virulence annoncée n'eut finalement pas lieu et ce, grâce à une météo défavorable pour ce champignon....En revanche, cette année encore, tout comme en 2017, l'eau accumulée à laquelle succéda la chaleur ont été propices à un développement hors norme de la vigne. Le vigneron dut à plusieurs reprises d'être doué du don d'ubiquité pour faire face aux mouchages et relevages qui ne nous laissèrent aucun répit. Hélas, ce propos devient, ces dernières années, tellement récurrent qu'il ne susciterait même plus notre étonnement...
Tout en contraste avec cet hiver sombre, l'été 2018 fut le deuxième été le plus chaud depuis 1900 avec une vague de chaleur lors de la période post-véraison, soit de la fin juillet à la mi-août. La pluie, quant à elle, se faisait cette fois désirer... Et des disparités significatives étaient observées sur le Mâconnais. Sans aller au-delà des frontières de notre belle appellation, la pluviométrie pouvait aller du simple au double entre nos deux villages....Ainsi, dès les premiers jours d'août, nos jeunes vignes plantées sur schistes à Fuissé nous inquiétèrent : nous observions impuissants les feuilles jaunir, puis les grappes flétrir....
Au 15 août, nous débutions nos contrôles de maturité. Le 20 août, nous vîmes les premiers vendangeurs arriver dans la commune, mais....au domaine, nous décidâmes d'attendre. Nous, les premiers à avoir initié les vendanges en 2015 et 2017 pour garder cette belle fraîcheur, avions fait le souhait d'attendre cette année de canicule ! Le manque d'eau avait cruellement bloqué la maturation notamment sur Fuissé, Vergisson, commune plus arrosée et plus tardive poursuivait avec sérénité son chemin.
Le 25 août, aucune pluie n'étant annoncée dans les trois semaines à venir, nous attendions sans doute un miracle....
Le 28 août, pour sauver nos vignes assoiffées, nous décidions de couper nos trois parcelles sur sols granitiques avec une petite équipe....puis nous avons attendu, retenant notre souffle.... Les jours passèrent, la tension monta. Le ciel était bleu, les après-midi torrides.
Le 1er septembre, c'était toujours l'attente, avec aucune certitude, et juste un espoir d'évolution malgré un soleil sans ombre et une terre très sèche.
Oh ! Soulagement ! Les premiers jours de septembre amenèrent avec eux des nuits fraîches providentielles. Certes, nous n'avions pas d'eau mais cet évènement nous offrit de l'apaisement en voyant en deux nuits le faciès de nos vignes changer et nos raisins reprendre une mine replète et enviable.... Les hostilités pouvaient à présent démarrer avec confiance. Notre tâche se révéla tout de même délicate, car les maturités très hétérogènes nous obligèrent à réaliser des parcours alambiqués, naviguant sans cesse entre Fuissé et Vergisson.
Le 12 septembre, nous arrêtâmes à nouveau, laissant à nos dernières vignes le temps de finir leur maturation.
Le 20 septembre, nous reprenions et terminions ainsi les vendanges les plus longues de l'histoire du domaine.
Nous avions fait le pari d'attendre et suivi la maxime de Ronald Wright "Lorsque tu as plusieurs choix devant toi (...) et que n'arrives pas à te décider, prends toujours le chemin qui demande le plus d'audace"..... Nous espérons vivement d'ici quelques mois, voir notre hardiesse récompensée.
Ce millésime est aujourd'hui, délicat et fin, non loin de 2017, Il présente à la fois de l'élégance, de la tension et de la plénitude, qualités insoupçonnées après des moments si mouvementés.

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